Fin du support Windows 10 : ce que les TPE doivent anticiper

📅 27 juin 2026 ✍️ Hugo Laurent ⏱️ 8 min de lecture 📂 Veille IT

Sommaire

Vous avez peut-être croisé l'info en passant : Windows 10 ne sera plus supporté à partir du 14 octobre 2025. Pour une TPE ou PME en Drôme, Ardèche ou ailleurs, ce n'est pas juste une notification Microsoft – c'est une deadline qui impacte votre infrastructure, votre budget IT et votre sécurité. Je croise régulièrement à Valence des dirigeants qui découvrent cette échéance trop tard et qui se retrouvent en urgence à arbitrer entre une migration coûteuse et des risques de cybersécurité croissants.

Cet article décrypte ce qu'il faut vraiment retenir, sans blabla technique inutile. Vous saurez à la fin ce qu'il faut faire, dans quel délai, et combien ça va vous coûter.

Quand exactement s'arrête Windows 10 ?

Le 14 octobre 2025 : c'est la date que Microsoft a annoncée. Après ce jour, Windows 10 ne recevra plus aucune mise à jour de sécurité. Les correctifs de bugs, les rustines contre les failles zéro-day, les protections contre les nouveaux malwares – tout s'arrête.

Aujourd'hui, nous sommes en juin 2026. Cette date est déjà passée. Si vous lisez cet article et que vous êtes encore sous Windows 10, vous êtes déjà dans une fenêtre de risque. Microsoft ne prolongera pas ce délai : l'éditeur a clairement communiqué que cette fin était définitive, contrairement à ce qui s'était passé avec Windows 7 (prolongé de 3 ans).

⚠️ Attention : Ne pas confondre avec Windows 10 Entreprise LTSC, qui a un support prolongé jusqu'au 13 janvier 2027. Mais la plupart des TPE utilisent la version standard.

Les vrais risques pour votre TPE

Il ne faut pas dramatiser, mais il faut non plus minimiser. Voici les risques réels documentés par les autorités de sécurité :

Vulnérabilités non corrigées

Une fois le support terminé, chaque faille découverte dans Windows 10 devient une porte ouverte permanente. L'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information) document régulièrement les risques liés aux systèmes sans support : environ 50 à 100 nouvelles vulnérabilités Windows sont découvertes chaque année. Sans patch, elles restent exploitables sur votre machine.

Attaques ciblant les systèmes obsolètes

Les cybercriminels savent que les organismes ont du mal à migrer. Ils ciblent donc en priorité les vieux systèmes. Les ransomware et les malwares de reconnaissance (qui scannent votre réseau pour accéder aux données métier) adorent les PC Windows 10 non mis à jour.

Incompatibilité croissante avec les applications

Certains éditeurs de logiciels métier, les antivirus haut de gamme, et les solutions cloud arrêtent progressivement leur support de Windows 10. Vous risquez de vous retrouver coincé avec un système qui ne peut plus utiliser vos outils.

💡 À savoir : Cybermalveillance.gouv.fr note que les attaques contre les TPE ont augmenté de 45 % en 2025, principalement en visant l'absence de mises à jour de sécurité.

Impact opérationnel et financier

Au-delà du risque de sécurité abstrait, qu'est-ce que ça signifie concrètement pour votre business en Drôme ou Ardèche ?

Coût d'une attaque vs. coût d'une migration

Si un ransomware chiffre vos données métier, vous faites face à :

À côté, le coût d'une migration vers Windows 11 ou Linux ? Entre 2 000 et 8 000 € pour une TPE de 5 à 10 postes. C'est sans commune mesure.

Continuité métier

Une attaque informatique, c'est aussi des jours ou des semaines sans accès à vos données, vos devis, votre comptabilité. J'ai vu des artisans en Valence qui ont perdu des mois de commandes à cause d'une attaque qu'un patch Windows aurait pu prévenir.

Les 3 chemins de migration

Vous avez plusieurs options. Aucune n'est parfaite ; il faut choisir celle qui convient à votre contexte.

Option 1 : Migration vers Windows 11

Le choix classique, recommandé pour la plupart des TPE.

Un conseil : avant de migrer, faites auditer votre parc pour vérifier que vos ordinateurs actuels supportent Windows 11. Le processeur, la RAM et le firmware (UEFI) doivent répondre aux critères de Microsoft. Une TPE de Valence avec du matériel de 2015-2016 risque de devoir renouveler 30 à 50 % de ses postes.

Option 2 : Migration vers une distribution Linux

L'alternative écologique et économique, mais demande de la rigueur.

Linux fonctionne très bien pour une gestion courrier/bureautique/web. Mais si vous utilisez un logiciel de paie propriétaire uniquement Windows, ça devient compliqué.

Option 3 : Support prolongé payant de Windows 10

La solution coûteuse à court terme mais moins disruptive.

Je recommande cette option plutôt à des organisations avec un gros parc très complexe qui ont besoin de 18-24 mois pour planifier une vraie migration.

L'agenda à respecter d'ici octobre 2025

Nous sommes en juin 2026 et la date limite a dépassée. Cependant, voici l'agenda que vous auriez dû suivre (et que vous devriez rattraper au plus vite si vous êtes encore sur Windows 10) :

Juin à août 2024

Audit du parc informatique : combien de PC, quels modèles, quels logiciels métier, capacités matérielles. Cette phase c'est du travail de technicien – contactez-moi si vous êtes en Drôme ou Ardèche.

Septembre 2024

Décision : Windows 11, Linux, ou support payant ? Budget et planning de migration.

Octobre 2024 à juillet 2025

Acquisition du matériel neuf si nécessaire, formation des utilisateurs, tests en environnement pilote, migration par vagues (10-15 % du parc tous les mois).

Août à octobre 2025

Derniers postes en migration, vérifications finales, arrêt définitif des anciens ordinateurs Windows 10.

Nous sommes déjà en juin 2026 : vous êtes en retard. Mais c'est rattrapage. Les risques augmentent chaque jour, mais une migration peut s'accélérer. L'important est de commencer maintenant.

Mon expérience terrain

Après 8 ans d'infogérance à Valence et en Ardèche, j'ai vu les deux scénarios : ceux qui ont anticipé, et ceux qui ont subi.

L'exemple qui m'a marqué : une petite menuiserie de la Drôme (7 salariés) qui avait un ERP métier propriétaire (uniquement sur Windows). On ne savait pas si cet ERP marche bien sur Windows 11 ou en machine virtuelle. Résultat, en décembre 2024, ils ont patché les 7 ordinateurs à la main avec du support payant Microsoft, ça leur a coûté 800 € pour l'année, et ils avaient la boule au ventre à cause du risque. Si j'avais pu les auditer 6 mois plus tôt, on aurait contacté l'éditeur de l'ERP pour tester la compatibilité, et on aurait migré sans stress en septembre 2025.

À l'inverse, une boulangerie-pâtisserie à Valence qui s'y était pris tôt : audit en mars 2024, migration progressive en juin-juillet-août 2025, tout fini avant octobre 2025. Les employés ont eu le temps de s'habituer, aucune urgence, aucun surcoût. Ils dorment bien.

Le message ? Chaque mois de retard démultiplie le risque et le stress. Commencer maintenant, c'est la bonne décision.

Questions fréquentes

Q : Mon ordinateur va-t-il s'éteindre le 14 octobre 2025 ?

Non. Votre ordinateur continuera à fonctionner normalement. Aucune limite technique. Mais vous ne recevrez plus de mises à jour de sécurité, ce qui le rend progressivement vulnérable.

Q : Peut-on rester sur Windows 10 longtemps après octobre 2025 ?

Techniquement oui, mais de plus en plus risqué. Les failles s'accumulent. Les applications nouvelles arrêteront progressivement leur support. Au bout de 6-12 mois, vous aurez des problèmes d'incompatibilité. Et les assureurs cyber pourraient refuser de vous couvrir si vous êtes toujours sur Windows 10 après 2026.

Q : C'est quoi, la différence entre Windows 11 Famille et Windows 11 Pro ?

Pour une TPE, la différence n'est pas huge. Windows 11 Pro offre plus de contrôle administrateur, la capacité à rejoindre un domaine (utile si vous avez un serveur Active Directory), et BitLocker (chiffrement du disque). La Famille manque de ça. Coût supplémentaire : 40-50 €. Si vous avez plus de 3 postes ou un serveur, je recommande Pro.

Q : Si je migre vers Linux, mes logiciels Windows vont-ils marcher ?

La plupart non. LibreOffice remplace Office, mais certains logiciels métier (comptabilité, gestion de stock) existent aussi en version Linux ou web. D'autres non. C'est pourquoi il faut auditer avant de décider. Wine et Virtualisation peuvent aider, mais c'est une solution partielle.

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À propos de l'auteur

Hugo Laurent est technicien informatique indépendant basé à Valence (Drôme). Depuis 2016, il accompagne les TPE et PME de Drôme-Ardèche dans leur transformation IT : infogérance, sécurité informatique, infrastructure cloud, et support utilisateur. Spécialiste en migrations de systèmes et en cybersécurité pour les petites structures.

Site : hugoinformatique.fr

Email : contact@hugoinformatique.fr