Le constat : l’infogérance low-cost envahit le marché
Il y a quelques années, on trouvait surtout des contrats “à la carte” : dépannage à l’heure, intervention sur devis. C’était transparent, mais imprévisible pour le budget. Maintenant, c’est devenu une course au tarif minimal. Les agences multi-services (web, télécom, infogérance) affichent des forfaits alléchants : “infogérance 24/24 pour 49€/mois”.
Pourquoi ça existe ? Pour deux raisons simples :
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L’automatisation excessive : monitoring basique, alertes génériques, pas de vrai diagnostic
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Le modèle de volume : faire 200 petits clients à bas prix pour équilibrer les marges (problème : impossible de servir 200 clients correctement)
En Drôme et Ardèche, où beaucoup de TPE tournent avec peu de marges, ces offres séduisent. Mais elles crèvent rapidement.
Les maths du désastre : pourquoi 50€/mois, c’est impossible
Parlons chiffres, c’est plus clair. Pour une infogérance sérieuse, voici ce qu’on doit financer :
Conclusion mathématique simple : un contrat à 50€/mois, c’est 18€ à 83€ en moins que ce qu’il coûte réellement de le fournir.
Comment les fournisseurs low-cost gèrent ce déficit ?
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Temps de réponse terrible (3 à 5 jours pour une urgence)
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Pas de vrai diagnostic : juste des scripts automatisés
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Refus de traiter ce qui prend du temps
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Abandon progressif du client (qui part ou souffre en silence)
Les vrais risques cachés
⚠️ Important : Ce ne sont pas des hypothèses. Ce sont des incidents que j’ai vus chez des clients qui avaient ces contrats low-cost.
1. Pas de gestion des patchs de sécurité
L’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) l’a redit récemment : les PME doivent appliquer les mises à jour de sécurité dans les 15 jours suivant leur sortie. Un technicien qui supervise 200 clients à 50€/mois ne fait pas ça. Il attend que ça casse. Résultat : vos collaborateurs se retrouvent avec des systèmes vulnérables, et vous ignorez combien de temps.
2. Sauvegardes inexistantes ou jamais testées
Le backup, c’est la fondation de tout. Sauf qu’il faut vraiment le tester. Une sauvegarde non testée, c’est zéro. J’en ai vu des centaines chez des clients : fichiers cassés, restauration impossible, données perdues. Un contrat à 50€ ne permet pas de tester mensuellement. Quand vous avez un sinistre (vol, ransomware, panne disque), vous découvrez que vous n’aviez rien.
3. Zéro documentation et plan de continuité
Qui a les mots de passe admin ? Où sont les serveurs ? Quel fournisseur cloud, quels identifiants ? Un bon contrat = une vraie documentation. Un low-cost = mystère complet. Si le technicien part ou l’agence ferme, vous êtes bloqué.
4. Absence de supervision proactive
Une “infogérance” qui coûte 50€ n’a pas le temps de faire une vraie supervision. Vous verrez les problèmes seulement quand votre employé appellera pour dire “ça ne marche pas”. Un bon contrat ? On détecte et on règle avant que ça vous impacte.
5. Risque de compromission non détecté
L’une de mes premières missions en Ardèche, c’était chez une menuiserie. Ils avaient un contrat low-cost depuis 18 mois. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé un malware présent depuis au moins 8 mois. Le fournisseur précédent ? Il regardait juste que la machine “était allumée”. Pas de scan, pas de détection. Le malware a volé des données client et endommagé des devis.
Ce que je vois chez mes clients en Drôme et Ardèche
Mon expérience terrain : Depuis 8 ans, j’interviens sur des sinistres informatiques dans les TPE/PME de Valence et ses environs. Voici le profil classique :
Scenario type que j’ai vu 15 fois :
Un artisan (plombier, électricien, maçon) a un contrat “infogérance” à 50€/mois depuis 2 ans. Il n’a jamais eu de contact direct avec le technicien. Un jour, son serveur ne démarre plus ou il reçoit une notification étrange. Il appelle son fournisseur. Réponse : “On vous rappelle demain” (sinon “c’est payant c’est hors contrat”). Pendant ce temps, son devis est bloqué, il ne peut pas facturer ses clients, son activité s’arrête.
Quand je suis appelé en urgence (à titre gracieux, j’aime bien aider), je découvre :
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Système d’exploitation 5 ans sans mise à jour
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Antivirus expiré depuis 6 mois
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Dernière sauvegarde datant de 3 mois (jamais testée)
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Aucun contact direct avec un vrai technicien
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Contrat signé sans vrai diagnostic initial
Le coût de cette intervention d’urgence ? Entre 500€ et 3 000€. Et encore, si c’est récupérable.
Chez ceux qui avaient déjà un contrat correct ? Les sinistres sont rares, détectés tôt, résolus sans urgence. La différence de coût sur un an ? Peanuts comparé au stress et aux pertes d’activité.
Pourquoi je me positionne autrement
J’aurais pu vendre 300 contrats à 50€/mois et me dire “c’est bon pour le chiffre”. Mais ça veut dire :
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Ne pas pouvoir répondre correctement à 95% de mes clients
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Les décevoir et les mettre en danger
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Finir par me faire poursuivre judiciairement quand un sinistre non géré leur coûte gros
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Perdre ma réputation (en Drôme, les nouvelles vont vite)
Honnêtement, je préfère 50 clients avec qui je dors bien la nuit, plutôt que 500 clients que j’abandonne à leurs soucis.
Mon positionnement : infogérance honnête, accompagnement réel, et prix qui reflètent le coût réel du service.
L’alternative : une infogérance réelle
📌 Voici ce qu’une infogérance sérieuse doit inclure :
1. Temps de réponse garanti (hiérarchisé)
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Panne critique : 2 heures maximum
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Problème fonctionnel : 24 heures
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Maintenance préventive : planifiée, prévisible
2. Diagnostic initial + audit
Avant tout contrat, un vrai audit pour connaître votre infrastructure, vos risques, vos besoins. Pas du formulaire en ligne.
3. Patches et mises à jour
Appliqués selon un calendrier défini avec vous, testé, documenté. Suivi de conformité ANSSI ou CIS (selon votre secteur).
4. Sauvegarde testée régulièrement
Backup automatisé + test de restauration mensuels minimum. Vous avez la preuve que ça marche.
5. Monitoring 24/7
Une vraie supervision qui détecte avant que vous appeliez. Alertes internes au technicien, pas des fausses alertes automatis.
6. Documentation complète
Vous savez où sont vos serveurs, comment y accéder, qui paye quoi, comment ça marche. Zéro surprise.
7. Plan de continuité testé
Qu’est-ce qui se passe si un serveur tombe ? Si le fournisseur cloud plante ? Vous et moi, on sait. Avec test annuel.
Coût réaliste ? Entre 150€ et 500€/mois selon le nombre de postes et le niveau de complexité. Pour une PME classique en Drôme (5 à 10 postes), comptez 200€ à 300€.
Oui, c’est 4 à 6 fois plus qu’un low-cost. Mais :
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Vous dormez vraiment tranquille
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Vous évitez 90% des sinistres
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Quand un sinistre arrive, il coûte 10x moins cher à régler
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Vous avez un vrai contact, une vraie relation
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Vous êtes conforme aux recommandations ANSSI
Questions fréquentes
Mais si je dois dépenser 200€/mois, comment je justifie ça à mon patron ?
Facile : un sinistre informatique coûte en moyenne 5 000€ à 50 000€ selon la taille de l’entreprise (données ANSSI 2024). Une journée d’arrêt d’activité chez un artisan, c’est entre 500€ et 3 000€ de perte. Trois jours de down-time par an, c’est déjà 2 000€ à 10 000€. Un bon contrat d’infogérance en élimine 95%. C’est juste une assurance qu’on appelle autrement.
Et si je continue avec un low-cost mais j’ajoute ma propre sauvegarde en cloud ?
C’est déjà mieux qu’aucune sauvegarde. Mais vous avez toujours zéro supervision, zéro gestion des patchs, zéro support en urgence. Et une sauvegarde seule sans monitoring du système, c’est comme avoir une roue de secours mais personne pour vous aider si vous tombez en panne. Vous vous autocomplétez une infogérance, ce n’est pas soutenable.
Comment je sais si mon contrat actuel est vraiment low-cost ou juste honnête ?
Posez ces questions à votre prestataire : (1) Quand avez-vous testé ma sauvegarde en dernier ? (2) Combien de postes gérez-vous en total ? (3) Qui est mon contact direct ? (4) Avez-vous une assurance responsabilité civile IT ? (5) Quelle est votre SLA (temps de réponse) ? Si les réponses sont vagues ou si vous n’avez jamais parlé à un vrai humain, c’est mauvais signe.
Vous faites combien de clients, vous, pour pouvoir offrir une vraie qualité ?
J’en gère actuellement 35 à 40 en infogérance + maintenance. Ce qui me permet de vraiment les connaître, de tester moi-même, de programmer les urgences, d’avoir du slack pour l’urgent. Si j’en acceptais 200, je devrais embaucher, ce qui augmente les coûts. Ou je baisse la qualité. Je ne veux ni l’un ni l’autre.